Pourquoi végétaliser les villes ?
Les projets de végétalisation urbaine se multiplient dans la majorité des communes françaises. Cette tendance a de quoi surprendre alors que l’on cherche simultanément à densifier les villes pour éviter de grignoter les terres agricoles.
Par ailleurs, la diversification des moyens de transport urbains appelle à multiplier les infrastructures (rail, voies cyclables, etc) de ces mobilités plus respectueuses de l’environnement. Est-il pertinent de dédier aux végétaux de précieux mètres carrés qui pourraient servir au déploiement de ces transports écologiques ?
Nous verrons dans un premier temps les apports de la végétation aux milieux urbains, puis nous ferons un rapide tour d’horizon des solutions concrètes à disposition. Nous terminerons avec les limites imposées par le contexte des villes et les opportunités qu’elles rendent possibles.
Commençons par le début : à quoi bon végétaliser les villes ?
Un des premiers intérêts de la végétation est qu’elle apporte ombrage et fraîcheur à son environnement.
La végétation établit, autour de son lieu d’implantation, un îlot de fraîcheur qui est capable de dissiper les effets des fortes températures. Elle est ainsi un allié précieux pour les être humains et, au-delà, pour l’ensemble du Vivant dans des contextes de canicule, d’îlot de chaleur et de nuit tropicale (nuits pendant lesquelles la température ne descend pas en-dessous de 25°C).
Rappelons que ces phénomènes, auxquelles les zones urbaines sont particulièrement sensibles, sont appelés à devenir de plus en plus fréquents d’après les prévisions de Météo France.

Pour continuer avec les apports de la végétation en allant du plus évident au plus profond, nous allons maintenant parler de précipitations.
Avec les évolutions du climat, les précipitations deviennent de plus en plus difficiles à prévoir. Les épisodes brefs et intenses qui mènent à des inondations urbaines semblent augmenter en fréquence. Les végétaux urbains peuvent avoir un double impact sur l’atténuation de ces inondations.
D’abord, lorsque les plantes sont en pleine terre (par opposition aux plantes en pot, sur des murs ou des toitures), elles dirigent la plupart des gouttes de pluie qu’elles reçoivent vers la base de leur tronc, ce qui permet une infiltration dans la terre. Par opposition, une goutte d’eau qui tombe sur une toiture va être guidée par les gouttières et autres tuyaux vers le réseau de gestion des eaux de pluie. Ce système a été dimensionné pour des précipitations peu importantes et les épisodes violents qui se multiplient récemment parviennent à saturer ce réseau, ce qui conduit aux inondations urbaines. Toutes les gouttes dirigées vers la terre par les végétaux éviteront de contribuer à la saturation de ces réseaux. Et à ce titre, plus la végétation est haute et étendue, mieux elle arrive à capter cette eau.
Par ailleurs, chaque goutte qui tombe sur une branche est ralentie dans sa chute et mettra plus de temps à rejoindre le sol, terre, béton, asphalte, bitume, etc. Ce temps pendant lequel la goutte va ruisseler de la branche au tronc au sol est un répit gagné pour les réseaux pendant lequel ils peuvent évacuer la pluie déjà tombée.
Les plantes urbaines permettent aussi de soutenir la biodiversité en ville, biodiversité dont nous avons besoin à plusieurs titres.
Ce sujet fera l’objet d’un autre article plus détaillé à paraître prochainement. Décrivons simplement ici que la plupart des espèces qui sont accueillies par la végétation urbaine contribue à améliorer nos conditions de vie. Soutenir la biodiversité en ville, c’est contribuer à améliorer notre cadre de vie.
Pour prendre un exemple simple, les arbres peuvent héberger des populations d’oiseaux qui se nourrissent de moustiques. Ces moustiques parmi lesquels le moustique tigre commence à se répandre partout en France, se reproduisent dans les eaux stagnantes et n’ont pas besoin des plantes. Les arbres, arbustes et buissons, en revanche, soutiennent le développement des oiseaux qui mangent ces moustiques. Ajoutons qu’à une époque où la population des chats en ville, grands prédateurs des oiseaux, n’a jamais été aussi élevée, nos passereaux ont besoin qu’on leur donne un coup de pouce en développant leur habitat naturel : les plantes.
Les plantes sont aussi notre allié précieux en ce qui concerne la qualité de l’air.
Les végétaux de nos villes pratiquent la photosynthèse au cours de laquelle ils absorbent du CO2, qui contribue à l’effet de serre, pour produire de l’oxygène. Les feuilles sont aussi des pièges à microparticules qu’elles fixent avant que ces micro-particules soient amenées au sol par le ruissellement des gouttes d’eau. Enfin, en transpirant, les plantes créent localement des mouvements d’air qui permettent sa meilleure circulation.
Enfin, les plantes font du bien aux êtres humains.
Les études à ce sujet se multiplient. Par souci d’efficacité énergétique, nous nous sommes créé des univers urbains aussi isolés que possible du Vivant : voies artificialisées pour permettre et fluidifier la circulation des véhicules à roue, cours et places minéralisées pour simplifier leur entretien, etc.
Pourtant, nous sommes biologiquement conçus pour être en contact avec le Vivant. Ce besoin de contact avec la terre, l’eau et les autres êtres vivants est moins évident à détecter que le besoin de nourriture, d’air ou de température supportable. Pourtant ces contacts participent, au même titre que ces autres besoins, à notre bonne santé et à notre équilibre de vie. La règle des 3, 30, 300 qui a récemment fait parler d’elle, n’est qu’une manifestation vulgarisée de cette nécessité de vivre à proximité des autres espèces vivantes.
En encourageant la présence et la bonne croissance de plantes à proximité de nos lieux de vie, c’est à nous-mêmes que nous rendons, en réalité, le plus de services. Certains lieux sont d’ores et déjà particulièrement indiqués :
– à l’intérieur des résidences, où la végétation va déployer ses bénéfices pour la meilleure qualité de vie de tous les résidents;
– sur les parkings des magasins et grandes surfaces qui, bien que fréquentés pendant des durées assez courtes, accumulent une chaleur qui impacte tout leur territoire environnant.
Une fois la nécessité de végétation en ville posée, il s’agit maintenant de se questionner sur le type de végétation à déployer.
Il existe de nombreuses façons d’établir des végétaux en ville. Par souci de simplicité, nous allons ici les regrouper en 5 catégories qui, sans être totalement exhaustives, dresseront un panorama relativement complet des modes de végétalisation urbaine à disposition.
Viennent d’abord les parcs et espaces verts partagés.
Ces lieux offrent de véritables oasis dans les villes dont elles sont les plus grandes réserves d’oxygène, de fraîcheur et de biodiversité. Ces espaces sont caractérisés par des arbres, arbustes, buissons et pelouses plantés de façon peu dense, ce qui permet la circulation des piétons entre les végétaux. De ce fait, ils occupent d’assez grandes superficies, en général supérieures à l’hectare pour les parcs publiques, et supérieures à 500 m² pour les passages verts et les cours arborées.

Viennent ensuite les micro-forêts urbaines.
Ce terme-valise recouvre une large diversité de réalisations. Retenons que le mot s’applique à des plantations denses, en ville, en pleine terre. Cette densité va de 1 plant par m² pour les moins denses à 3 plants par m² pour celles qui sont réalisées en méthode Miyawaki (3 plants par m² en région tempérée, 9 en région tropicale).
Ces micro-forêts sont souvent conçues pour devenir impénétrables, même si des chemins peuvent être placés entre des bosquets de micro-forêts. Cette sanctuarisation a pour rôle, d’une part, de protéger les végétaux et d’autre part de permettre aux bosquets ainsi constitués d’avoir une densité de feuillage assez élevée. Cette densité va à la fois leur permettre de remplir les services que nous avons décrits plus haut et, dans certains cas, va les rendre capables de devenir autonomes comme nous allons le décrire plus bas.
Enfin, si le terme de “micro-forêt urbaine” éveille un certain attrait dans la curiosité publique, il convient de se rappeler que ce terme n’est pas garant de la réussite du projet. Toutes les approches ne se valent pas et la méthode de choix des végétaux et du traitement du sol est déterminante pour le bon développement de la micro-forêt.

Notre inventaire suit les végétations urbaines par taille décroissante et nous en arrivons à présent aux toits et murs végétalisés.
Ces approches donnent accès à des surfaces qui n’étaient jusqu’alors accessibles qu’à des grimpants (lierre, vigne vierge, glycine). Le développement de ces techniques de végétalisation et leur récente popularité conduit à prendre en compte la mise en place de la végétation de plus en plus tôt dans les projets immobiliers. En effet, ces projets, parfois spectaculaires, apportent avec eux des contraintes et des opportunités en termes de poids et de circulation des eaux qui doivent être prises en compte dès la conception du bâti.

Nous poursuivons avec les arbres individuels, implantés en pleine terre, au niveau du sol urbain, le plus souvent dans des cuves de terre plus ou moins larges.
Cette catégorie de plantes en ville est, avec les parcs urbains, la forme la plus ancienne de végétation urbaine. Elle est aussi la plus répandue car elle peut être très peu consommatrice en surface au sol, tout en étant flexible. Ces arbres sont fréquemment regroupés en allées, contexte dans lequel ils forment des corridors urbains.
Nous terminons notre tour d’horizon avec des plantes en pot, buisson, arbuste ou arbre de haute stature.
Cette approche permet de végétaliser des espaces qui, par faute d’infrastructure adéquate ou par manque de terre, ne pourraient pas autrement accueillir de végétaux. L’installation de ces pots ou bacs est parfois réalisée de façon temporaire. En citant cette dernière catégorie, il est difficile de ne pas évoquer le projet emblématique et inspirant de forêt ambulante dans la ville de Leeuwarden, en Hollande : pendant 100 jours, 1200 arbres en pot ont été installés et régulièrement déplacés dans le centre ville, ceci afin de sensibiliser au rôle essentiel que joue le végétal, entre autres en ville.

Une fois placés en ville, les végétaux, qui poussent habituellement en forêts et campagnes, se retrouvent confrontés à des conditions qui ne correspondent pas à leur environnement idéal de croissance.
Béton, gaz d’échappement, intervention humaine,… Maxime Leforestier l’a même mis en chanson avec son titre « Comme un arbre dans la ville » : les défis sont nombreux pour les végétaux urbains.
D’abord parce que dans un environnement très minéralisé (asphalte, bitume, béton, pavés, …), la température va être élevée. Et cette chaleur qui nous gène, nous humains, en période de canicule, nuit également aux végétaux. Aussi, pour résister à ces fortes températures, la végétation implantée doit être résiliente. Or, la résilience n’est pas l’apanage d’une essence particulière d’arbre qui serait “super-performante”. La résilience, on le comprend de mieux en mieux, est une qualité qui se situe au niveau de l’écosystème.
Pour qu’une végétation ait les meilleures chances de survivre dans un environnement urbain, il faut donc qu’elle se rapproche le plus possible de la composition de l’écosystème forestier local. C’est cet écosystème, en France métropolitaine, vers lequel la nature tend, sitôt qu’elle est laissée en libre évolution. C’est donc cette composition de l’écosystème local qu’il nous faut retrouver pour un lieu donné et reproduire.
Cependant, me direz-vous, nous avions déjà des épisodes de canicule et de sécheresse avant l’amélioration récente de notre compréhension des écosystèmes. Et nous avions déjà de la végétation urbaine, qui n’était pas calquée sur les écosystèmes et qui a survécu. Alors ?
En effet, elle a survécu. Mais elle doit souvent cette survie aux soins des équipes municipales qui, soit ont pu apporter le supplément d’eau nécessaire aux plantes pour traverser l’épisode de chaleur, soit ont dû remplacer les végétaux qui avaient trop souffert de ces épisodes.
Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où la majorité des élus sont d’accord pour planter davantage d’arbres pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, mais dont les équipes d’espaces verts sont déjà surchargées. Aussi, face à ces besoins croissants avec un accompagnement qui reste constant voire qui s’amenuise parfois avec les budgets, notre végétation urbaine doit avoir les moyens d’assurer seule sa survie.
Et pour cela, elle doit être plantée dans de la pleine terre, une terre non-recouverte d’asphalte et aussi large que possible, de façon à ce que les végétaux aient accès à un grand volume de sol sous une large surface déminéralisée. Ce sol va assurer aux plantes l’accès aux sels minéraux nécessaires à leur croissance, ainsi qu’à l’eau stockée pendant les fortes pluies, tout en hébergeant leurs auxiliaires de croissance (mycélium, vers de terre, micro-faune du sol et du sous-sol).

D’une surface plus garnde, elle permet aux plantes d’avoir accès à davantage de sol et d’eau pluie.
L’eau absorbée par cette terre n’ira pas engorger les réseaux de la ville en cas de fortes précipitations.
Ces deux premiers défis nous permettent de commencer à comprendre, selon les terrains et contextes, les solutions qui vont pouvoir être à la fois résilientes et autonomes.
Poursuivons avec deux autres contraintes qui pèsent sur la croissance de nos végétaux urbains.
La réduction des budgets publics impacte la vie des végétaux. Nous y avons fait une première référence en parlant des équipes municipales aux agendas chargés. Elles amènent aussi à choisir des végétations sobres en moyen. C’est-à-dire qui auront besoin d’un minimum d’intervention, que ce soit pour des arrosages, de la taille ou des opérations de maintenance de toutes sortes. Cette contrainte croissante orientera, dans la mesure du possible, vers un type de végétation qui peut se contenter de l’eau des précipitations, qui n’inclut pas de matériel électronique, qui limite les opérations logistiques, etc.
Et enfin, le dernier défi que nous citerons et qui n’est pas des moindres, est la proximité des êtres humains ! Là où un regard observateur et une main attentive peuvent être des atouts inestimables pour nos plantes urbaines, une part significative des citadins reste encore indifférente aux végétaux, voire considère les espaces verts comme des lieux de dépôt (d’ordures, de substances), d’hébergement ou de prélèvement de bois. Sans juger les motivations derrière ces usages, ils peuvent tous être préjudiciables à la santé et à la survie des végétaux. Il est donc nécessaire d’informer sur le rôle des végétaux urbains et les services qu’ils nous rendent.
Cette sensibilisation peut être prise en compte très tôt dans le projet de végétalisation. Ce qui nous amène au dernier point de notre article.
Comment accompagner les projets de végétalisation ?
Le propre des villes est de rassembler sur des espaces limités une variété de parties prenantes qui y réalisent des activités variées. Le pré-requis essentiel à la pérennité d’un projet de végétalisation est de comprendre les usages en cours sur la parcelle considérée. Ces usages qui pré-existent à la végétalisation vont devenir des menaces lorsqu’ils n’auront pas été pris en considération.
En revanche, quand ils sont pris en compte dès la conception, ils peuvent se révéler des alliés du projet dont ils seront de toutes façons bénéficiaires : les utilisateurs des aires de fitness urbain, par exemple, apprécieront la mise en place de végétaux à proximité de leurs agrès partagés. En effet, là où le soleil estival chauffe certains outils au-delà du tolérable, l’ombre portée par les arbres permettra d’allonger la durée de leur utilisation. A condition que la végétation ait été plantée en ayant elle-même les moyens de bien vivre malgré les fortes chaleurs (inspiration de l’écosystème forestier local et pleine terre).
Par ailleurs, comme cité dans nos premiers paragraphes, il est important de comprendre, pour un lieu donné, les pressions urbaines qui vont croître avec le temps. Sur un espace qui est déjà un îlot de chaleur, l’implantation de végétation est à la fois une bonne idée, une idée tardive car il aurait été préférable de planter vingt ans plus tôt, et un projet à surveiller pendant les premières années qui suivent sa plantation.
Enfin, pour s’assurer de la bonne prise d’un projet de végétalisation, une étape incontournable est la sensibilisation des usagers du lieu : les élèves dans une école, les employés sur du foncier d’entreprise, les locataires dans une résidence, les voisins sur un lieu public, etc. Cette implication des usagers est essentielle parce qu’en transmettant les services rendus par la végétation, en chiffrant ces apports, en accueillant les questions et les inquiétudes des usagers, et en répondant de façon précise à leurs questions, nous allons permettre l’adhésion des usagers aux projets qui viennent transformer leurs territoires.
Une fois cette sensibilisation faite, il est particulièrement bénéfique de faire participer ces usagers à la réalisation des projets de végétalisation. Mettre les mains dans la terre va inciter ces personnes à s’attacher au lieu et aux végétaux dont ils ont pris soin, même ponctuellement. Cet attachement et cette capacité à prendre soin sont des dimensions clefs de notre humanité. En permettant aux habitants de passer d’une attitude passive à une implication dans la plantation de végétaux sur leur territoire quotidien, c’est toute une posture et des comportements anciens qui peuvent être transformés.

La dernière étape de ce processus d’implication est de faire participer les usagers au maintien et à l’entretien des plantes. Cette possibilité qui n’était même pas envisageable il y a quelques années devient aujourd’hui monnaie courante. Elle passe par la participation des usagers au projet dès ses premières phases. Elle est entretenue dans le temps par la transmission du suivi à ces usagers. Cette transmission leur permet de façon simple de constater la bonne croissance de ce qu’ils ont planté. Elle s’appuie sur des cycles de gratification lents mais longs qui sont essentiels, une fois de plus, à notre équilibre, mais aussi, comme le montrent les travaux sur la sérotonine, à notre Bonheur.

Pour finir, une considération simple permettra d’éclairer les choix et d’enrichir le regard :
Nous, êtres humains, sommes beaucoup plus liés au reste du Vivant que nous n’en avons habituellement conscience.
Ce lien s’exprime d’abord par une communauté d’espace.
Nous partageons avec tout le Vivant un espace commun qui est en réalité extrêmement confiné : une infime petite couche de quelques kilomètres d’épaisseur, sur le pourtour de cette petite boule qu’on appelle la Terre, perdu dans l’immensité de l’univers, univers nécessaire à notre existence mais à ce jour inhospitalier à toute forme de vie.
Ce lien s’exprime ensuite par une communauté de besoins.
La Biodiversité qui partage notre environnement immédiat a des besoins similaires aux nôtres en termes de températures, d’humidité, d’ensoleillement, d’atmosphère, etc. Cette communauté de besoins se traduit par une similarité de zones de confort : quand je suis à l’extérieur et que j’ai trop chaud, toutes les formes de vie autour de moi ont probablement trop chaud aussi. Quand mon corps se sent bien en extérieur, le Vivant autour de moi a, dans la plupart des cas, une expérience similaire de bien-être.
Etablir une végétation urbaine qui améliore nos conditions de vie va donc aussi bénéficier au reste de la biodiversité. A l’inverse, une végétation qui est mal adaptée à son lieu d’implantation et qui n’a pas les conditions adéquates à son bon développement ne sera pas capable de nous assurer des conditions de vie satisfaisantes. Notre expérience sensorielle de la vie en ville est donc également riche à ce niveau-là et peut nous permettre d’évaluer la pertinence de l’urbanisme mené dans une ville ou un quartier.
Ce lien s’exprime enfin par une communauté de destins.
Viabilité humaine et épanouissement de la biodiversité sont intimement liés. Ce constat qui se vérifie sous toutes les latitudes devrait être encore plus pris en compte dans les milieux urbains. Les impacts du changement climatique vont s’y faire sentir plus rapidement et plus fortement qu’ailleurs. Cette question de la végétation urbaine qui est la clef de voûte de la biodiversité en ville, dépasse donc, tout en les englobant, les enjeux de paysagisme, de propreté, de circulation, de densification. Sans végétation urbaine, les villes ne seront tout simplement plus viables dans le long terme.
A nous de prendre conscience de cette réalité au plus vite et d’agir en conséquence.