Renaturer, quelle place pour l’humain ?
Qu’ils soient impulsés par des municipalités, des régions, des exploitants forestiers ou des institution, les projets de renaturation font de plus en plus parler d’eux.
Mais comment planter pour s’assurer que ces projets seront pertinents dans la durée ?
Que replanter alors que le climat évolue ?
L’être humain doit-il imaginer la végétation de demain ?
A-t-il les moyens de le faire ?
De quelle façon peut-il soutenir au mieux cette renaturation qui est de plus en plus nécessaire ?
Pour répondre à ces questions, nous nous pencherons d’abord sur les évolutions climatiques en nous intéressant à notre capacité à prévoir vers quelle météo elles nous mènent à 10, 50, 100 ans. Puis nous observerons quelques approches mises en place dans les projets de renaturation pour prendre en compte ces évolutions. Enfin, nous regarderons les motivations et les principes directeurs derrière les choix de renaturation qui sont réalisés.
Pouvons-nous prévoir les conditions météorologiques ?
Le premier point à éclaircir concerne notre capacité à anticiper ce que vont être les conditions météorologiques pour un lieu donné dans 10, 20 ou 50 ans.
Par exemple, disons que j’ai le projet de réaliser une plantation d’arbres à dix kilomètres au sud-est d’Orléans. Imaginons maintenant que je souhaite que cette plantation devienne autonome en eau : je souhaite que les arbres puissent devenir robustes et se contenter des précipitations naturelles comme seules sources d’eau. La raison de ce souhait peut être :
- soit que j’ai horreur de faire des arrosages, ce qui est un peu superficiel mais tout à fait légitime,
- soit que je prenne en compte les nombreuses informations qui nous montrent que l’eau est une ressource de plus en plus précieuse.
Il s’agit donc pour moi de me renseigner sur ce que vont être :
- le nombre moyen de jours de sécheresse et de gel par mois.
- les températures maximales et minimales
- les moyennes de températures
- le profil de précipitations

est une piste riche d’enseignements. Ici, un scientifique sort une carotte de la glace de l’Antarctique.
Il me faut ces informations à un horizon de 50 ans
puisque je plante aussi bien pour moi que pour mes enfants et leurs enfants.
Mais ces informations ne sont pas disponibles. Ce n’est pas qu’elles soient tenues secrètes ou réservées à des usagers spécifiques : elles n’existent simplement pas. Nous ne sommes pas capables de prédire avec justesse ce que vont être ces données à un horizon de 50 ans pour un lieu donné.
Qu’à cela ne tienne, et tant pis pour mes petits-enfants, concentrons-nous sur mes enfants et prenons un horizon de 20 ans. Ces données seront bien disponibles à 20 ans, n’est-ce pas ?
Malheureusement, encore une fois, la réponse est non.
Très bien. Prétendons que je décide de ne planter que pour ma pomme. Certainement, ces informations seront disponibles 10 ans à l’avance.
Mais là aussi la réponse est non : nous n’avons pas la capacité de prédire avec justesse ce que vont être les futures conditions de météo sur un lieu donné.
Il est important que ce point soit formulé de façon explicite une fois de plus :
nous n’avons pas les moyens de prédire avec justesse ce que vont être des conditions locales de météo à 50, 20 ou même à 10 ans à partir d’aujourd’hui.
Nous avons bien une certitude : le climat est en train de changer, ce qui va avoir et a déjà des impacts concrets sur la météo.
Mais une fois que ceci a été dit, nous sommes face à un mur d’incertitudes : nous ne savons pas comment ces impacts vont se manifester. Nous sommes donc incapables de faire des prévisions pertinentes sur la météo. Ceci ne nous empêche pas de faire des prévisions. Mais ces prévisions n’ont qu’une faible crédibilité.
Dès lors, les discours du type : “grâce à notre capacité à anticiper les effets du changement climatique, nous importons telle essence parce qu’elle sera plus pertinente demain que telle essence locale” n’ont pas de solides fondements scientifiques.
Ce point est aussi important et mérite d’être écrit une fois de plus :
nous n’avons pas la capacité technique ou scientifique d’annoncer avec certitude que telle essence importée sera plus pertinente que telle essence locale sur un lieu donné à un horizon de dix ans et au-delà.
Parce que nous n’avons pas la capacité de prédire les conditions météos sur un lieu donné d’ici 10, 20 ou 50 ans.
Toute prédiction de ce type consiste, au mieux, à faire un pari risqué et elle devrait donc être présenté comme tel.
Car il y a des personnes qui font ce type de pari.
Et cette phrase de transition -habile- amorce notre deuxième partie.
Pourquoi y a t il des prédictions sur les essences végétales “du futur” ?
Prenons l’exemple des forestiers. De nombreux forestiers ont la difficulté de devoir répondre à des missions qui se révèlent parfois contradictoires :
- d’un côté, assurer la continuité de la forêt et sa bonne santé
- de l’autre, alimenter une filière bois qui a besoin de ressources suffisamment standardisées pour pouvoir intégrer l’outil industriel, et à des prix suffisamment compétitifs pour assurer la vie de la filière.
Or, le modèle d’affaire qui correspond à cette deuxième mission est relativement simple à schématiser : il s’agit de planter aujourd’hui une espèce d’arbres (une seule autant que possible, de façon à rendre efficace la récolte), de la laisser pousser en se contentant des précipitations naturelles (on commence à faire un lien avec la première partie), puis de couper 60 ans après la plantation, afin que les troncs soient débités en de multiples usages industriels.

Autrement dit, le forestier d’exploitation doit, pour satisfaire ses clients, faire une prédiction aujourd’hui sur une essence qui va bien pousser dans un lieu donné sur les soixantes prochaines années, de telle sorte que ses clients dégagent de la coupe des revenus qui dépassent les charges d’exploitation (taxe foncière, frais de conseil, de plantation, d’entretien, de coupe, de débardage, etc).
Or nous l’avons établi, et chacun peut prendre son clavier pour faire ses recherches et vérifier l’information : nous n’avons pas les moyens techniques de prédire les conditions météorologiques que cette essence va rencontrer au cours de sa vie.
Alors, que nous reste-t-il pour choisir ce qu’il faut planter ?
Une des réponses à cette question consiste à se rattacher aux tendances.
En parlant de tendance, nous disons bien “réchauffement climatique” ?
C’est donc que globalement, les températures vont augmenter et de nombreux rapports scientifiques confirment cette tendance.
Où peut-on trouver, dès aujourd’hui, des essences végétales qui vivent bien avec des températures plus élevées que les nôtres ?
Au sud de notre territoire.
Une stratégie est donc de remonter chez nous des essences du sud.
Est-ce que ce choix est scientifiquement fondé ?
A 10% (ceci est une évaluation personnelle de l’auteur).
Pourquoi ?
D’abord parce qu’à nouveau, on ne sait pas ce que vont être les températures pour un lieu donné dans 10, 20 ou 60 ans. On parle de réchauffement, mais est-ce que ce sont les moyennes de température, les minima et les maxima, ou l’ensemble qui va s’élever ? Chaque possibilité évoquée conduirait à des réalités très différentes. Nous ne savons donc pas s’il y aura adéquation entre les températures que vit l’essence chez elle aujourd’hui et celles qu’elle vivra chez nous demain.
C’est pourtant sur la base de cette adéquation supposée que la démarche s’appuie.
Ensuite parce que la température est loin d’être le seul facteur déterminant pour la bonne vie d’un végétal.
Quid des précipitations ?
Et surtout, en faisant l’énorme hypothèse que les conditions météorologiques de l’Orléanais du futur seront identiques à celles de l’Atlas marocain d’aujourd’hui, une essence végétale qui s’épanouit aujourd’hui sur les contreforts de l’Atlas, pourra-t-elle s’épanouir près d’Orléans en 2050 ?
La réponse est “probablement non”, car cette essence aura aussi besoin du biotope et des auxiliaires de croissance qui l’entourent aujourd’hui dans l’Atlas pour bien s’établir demain dans le Centre Val de Loire.
En ne pensant qu’au niveau de l’espèce, on risque donc de replanter sans succès.
Petit aparté (de taille) sur ce point.

Résilience – la qualité d’une essence ou d’un écosystème ?
Nous avons le travers grave de penser que la résilience est la caractéristique d’une essence végétale. Une illustration de ce à quoi nous mène ce travers est l’outil ARBOClimat de l’ADEME qui accorde un score de résilience par essence végétale. Cette façon de penser, issue de notre logique ingénieure et industrielle, ne fonctionne pas avec la nature.
Un élément essentiel à comprendre et intégrer est que la résilience n’est pas une caractéristique d’une essence végétale. Elle est la caractéristique d’un écosystème.
Le Vivant, la nature, nous les êtres humains, fonctionnons de façon systémique. Il n’y a que dans la fragile petite bulle de nos sociétés occidentales que nous parvenons à maintenir depuis quelques dizaines d’années l’illusion de la performance ponctuelle, isolée, et individuelle.
Il y a là un point de rupture entre notre culture industrielle et la réalité du Vivant qu’il faut identifier :
Oui, ça fait sens de dire que pour tel modèle de voiture et tel usage, tel type d’amortisseur est plus performant et mieux adapté que tel autre.
Non, ça ne fait aucun sens de translater cette logique au monde du Vivant.
Le chêne de Fontainebleau n’est pas interchangeable avec le cèdre de l’Atlas. Ca paraît évident dit comme cela, mais c’est exactement la logique qui fonde un outil qui accorde un score de résilience par essence végétale.
Cette logique n’est pas adaptée.

Un biotope et des paysages spécifiques qui s’appuient sur des conditions météorologiques spécifiques, mais aussi sur une vie du sol et du sous-sol spécifiques.
Revenons à l’idée de faire remonter des essences du sud.
Est-ce une bonne idée ?
Il est trop tôt pour le dire. Ce sera peut-être une bonne idée dans des lieux spécifiques, mais il est impossible aujourd’hui de savoir où ce sera pertinent et si ça se révélera une bonne idée plutôt dans 1% des cas ou dans 5% des cas.
Alors pourquoi cette option est-elle choisie ?
Parce qu’il faut bien trouver des raisons qui permettent d’étayer des choix d’essences face à des clients en attente de rentabilité sylvicole.
Est-ce problématique ?
En soi, remonter des essences sudistes pour évaluer leur pertinence sylvicole n’est pas problématique. C’est un essai, une expérience, et c’est la base de la démarche scientifique. C’est aussi à la base de la Vie.
Ce qui est problématique, c’est qu’aujourd’hui, l’expérience est sortie de son cadre et qu’on oublie qu’elle n’est qu’un essai dont rien ne permet de garantir le succès. Cette approche est reprise comme LA solution par des personnes soucieuses de l’environnement mais qui n’ont pas le temps de creuser la question.
Ainsi, des enseignants, des élus, des responsables RSE, me demandent souvent :
“Allez-vous prendre en compte le changement climatique dans le choix des essences que vous allez planter ?”
Et ma réponse est :
“Oui, nous le prenons en compte”.
Mais par souci d’aller au fond des choses, j’ajoute :
“Qu’entendez-vous par prendre en compte le réchauffement climatique dans le choix des essences ?”
Et là on me répond quatre fois sur cinq :
“Eh bien enlever les essences locales qui sont condamnées et remonter des essences sudistes.”
Et là, paf, on est dedans.
On est parti d’un raisonnement d’exploitant forestier informé qui se tient :
“Pour prendre en compte les évolutions climatiques, une approche incertaine mais qui vaut le coup d’être essayée, est de s’intéresser à des essences du sud. C’est un pari et la compréhension du fonctionnement des écosystèmes nous permet déjà d’anticiper les faiblesses de l’approche. Mais comme nous avons besoin de trouver des solutions pour continuer à fournir la filière bois, c’est un risque à prendre, sans en faire notre unique espoir.”
Et on arrive à une reprise simplifiée par des personnes trop peu renseignées mais qui ont le souci profond de bien faire :
“Pour prendre en compte le réchauffement climatique, il y a des essences locales que nous devons cesser d’implanter et des essences du sud que nous devons remonter. Ne pas suivre cette approche, c’est ignorer que le climat change.”
On voit que de façon involontaire, le discours de l’exploitant sylvicole a été transmis à une large part de la population avec, au passage, la transformation de ce qui n’est qu’un pari en une évidence qui se passe de justification.
Or il y a d’autres façons de planter, tout en prenant en compte les évolutions climatiques et nous allons explorer ensemble l’une d’entre elles dans la troisième partie.

Mais avant de passer à notre troisième partie, voici dans l’ordre :
un rappel, une mise en perspective et une remarque.
Le rappel :
remonter des essences sudistes dans l’intention de prendre en compte les évolutions climatiques, est un pari partiellement rationnel (10% de chances de succès d’après l’auteur). La pertinence reste à démontrer. Elle n’est en aucun cas légitime à être présentée comme la marche à suivre pour la replantation aujourd’hui. Elle ne peut pas non plus servir de référence pour disqualifier d’autres approches.
Elle est à la base un pari fait par des exploitants sylvicoles.
Ces exploitants sont poussés par la nécessité économique de proposer et de tester des solutions pour faire face à la fragilisation des espaces de monoculture sylvicole qu’ils gèrent. Cette fragilisation (observable dans les massifs d’épicéas du grand Est, par exemple) est en partie due aux évolutions climatiques (dans le grand Est : des saisons douces et chaudes plus longues permettent trois envols par an de scolytes, grands prédateurs des épicéas, au lieu des deux habituels, entres autres).
Il est bon de rappeler que cette fragilisation est aussi largement due à la façon dont ces massifs ont été plantés.
Cette approche qui consiste à remonter des essences du sud est un pari, parce que :
- nous ne savons pas comment une essence du sud va se comporter plus au nord, hors de sa niche écologique, même si le profil de températures de son lieu d’adoption semble devenir similaire à celui de son lieu d’origine
- nous sommes incapables d’anticiper ce que seront ces profils de températures pour un lieu donné dans 10, 20 ou 50 ans.
L’objet ici n’est ni de condamner des choix, ni de blâmer une posture. L’objet est de remettre l’église au centre du village : rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que substituer des essences sudistes à des essences locales soit pertinent pour soutenir la biodiversité native et la Vie de nos territoires telle que nous la connaissons face aux évolutions climatiques.

La mise en perspective maintenant :
Dans cette situation d’incertitude sur les évolutions météorologiques locales, annoncer “telle essence est vouée à disparaître, arrêtons de la planter, telle essence est vouée à prendre le dessus, introduisons-la”, n’est pas légitime, compte tenu de notre faible capacité à éclairer l’incertitude face à laquelle nous nous trouvons.
Elle serait légitime :
- si nous étions capables de prévoir l’avenir du climat avec précision
- tout en ayant compris avec finesse le fonctionnement des écosystèmes.
Or nous ne sommes pas capables du premier point et nous commençons tout juste à effleurer la surface du deuxième point.
Compte tenu de ces éléments, la place de l’être humain n’est pas de décider ce qui va pouvoir vivre ou pas.
Sa place n’est pas non plus de constater ce qui va pouvoir vivre ou pas, nous n’en sommes pas non plus capables de façon absolue.
Nous devons donc faire preuve d’humilité et nos mots, nos discours, doivent refléter cette humilité.
Au lieu de dire :
“dans 30 ans, le hêtre en Bretagne, c’est fini”,
ce qu’aucun être humain n’a les moyens d’affirmer avec certitude, l’être humain rendu humble par la conscience de sa compréhension limitée devrait dire :
“d’ici 30 ans, il y a de fortes chances que la plantation en monospécifique du hêtre en Bretagne ait des rendements insuffisants.”
Parce que c’est tout au plus ce que nous sommes honnêtement capables d’affirmer.
On sent tout de suite la différence entre les deux discours et la deuxième proposition correspond beaucoup mieux à notre niveau de compréhension de ce qui est à l’œuvre sur Terre : le Vivant.
La remarque :
Il est indéniable que certaines essences souffrent plus et plus vite que d’autres. Ainsi l’orme qui subit la graphiose ou le frêne qui est décimé par la chalarose.
Face à ces constats, la réponse de nombreux planteurs est :
“J’arrête de planter du frêne et de l’orme : ils tombent malades.”
En réaction, des pépiniéristes choisissent :
“J’arrête de produire des plants de frêne et d’orme : personne ne me les achète.”
Une conséquence de cette situation, c’est que le frêne et l’orme, qui souffrent déjà de leurs maladies respectives, se voient en plus sapés du soutien qu’ils ont reçu depuis des décennies de la part de l’être humain.
Au moment même où ces essences sont en péril, au moment où elles ont le plus besoin de nous, au lieu de les soutenir en continuant de les planter, ce qui permettrait peut-être à des variants d’apparaître et de se révéler résistants, nous arrêtons de les introduire, ce qui contribue à raréfier le nombre d’individus, tout en resserrant ces individus aux variants disponibles en pépinière, ceux-là même qui ont montré leur vulnérabilité.
Continuons de produire et de planter ces essences, mais plantons-les mélangées à d’autres, pour leur permettre de continuer à vivre, sans constituer des ressources conséquentes pour leurs prédateurs.

Fin de la remarque et début de la troisième partie : comment planter en prenant en compte le changement climatique et sans se prendre pour un être tout-puissant capable de prédire ce qui va vivre ou pas.
Si nous arrêtons de nous prendre pour des ingénieurs exceptionnels qui essayent de tirer des conclusions de ce qui ne sont que des tendances.
Si nous arrêtons de nous prendre pour des architectes de génie capables de deviner les essences qui seront les clefs de voûte de la biodiversité de demain.
Alors, que nous reste-t-il ?
Que pouvons-nous être ?
Que pouvons nous faire, puisque faire est si important ?
Quelle est la juste place de l’être humain dans un projet de renaturation ?
Questions techniques qui, pour être répondues avec justesse, nous mène aux questions existentielles suivantes :
Comment vivre avec ce qui nous entoure et qui vit, hors de l’espèce humaine ?
Comment vivre avec ce qui nous fait vivre ?
Quelle est notre place dans le cercle de la Vie ?
(#Moufasa)

Au-delà d’une image sympathique, une nécessité pour l’être humain.
Eh bien, cet article vous propose une réponse.
Et l’article indéfini, garant d’un peu d’humilité, est important.
Faisons une pause.
C’est quand même pas mal, non ?
Pensez à ce que cet article vous a coûté en espèces sonnantes et trébuchantes.
Considérez maintenant que vous êtes sur le point d’obtenir une réponse à une question existentielle. Honnêtement, vous êtes en train de faire un excellent deal.
C’est une belle journée, tiens !
Bon par contre, cet article fait déjà plus de 2700 mots, ce qui est beaucoup trop, aussi vous aurez la réponse dans le prochain article ! Mais vous l’aurez.
Je vous propose un rendez-vous, à bientôt ?